Considérations fondamentales sur l'évaluation d'entreprise

Considérations fondamentales sur l'évaluation d'entreprise

Considérations fondamentales sur l'évaluation d'entreprise

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Quand on fait face à une entreprise à évaluer, on a le choix de retenir, pense-t-on, comme base d’évaluation, l’avenir ou le passé.

Voyons de quoi il en retourne.

L’avenir ? En effet, ce n’est pas le passé que l’acquéreur achète mais l’avenir ou, autrement dit, le potentiel de l’entreprise. Aucun acquéreur n’est intéressé par la performance passée de l’entreprise. Ce passé, c’est l’histoire du vendeur, pas celle de l’acquéreur.

Le passé ? Pourquoi exclure le passé ? En effet, l’avenir n’est-il pas trop aléatoire ? Ne dépend-il pas de l’environnement macro-économique, que l’entreprise ne maîtrise pas ? Cet avenir de l’entreprise n’est-il pas évalué à-travers le prisme des lunettes roses du vendeur qui élabore le plan d’affaire prévisionnel ou même des lunettes roses de l’acquéreur qui embellit l’entreprise à laquelle il tient tant ? Tous ces motifs ne militent-ils pas à ce qu’on retienne le passé comme étant une valeur sure, qui a été éprouvée ? Considérons, un instant, l’avenir prometteur comme suffisamment solide, pour autant, cet avenir ne dépendra-t-il pas, dans une large mesure, de l’action même de l’acquéreur ? Quelle raison y aurait-il, alors, pour que celui-ci supporte deux fois le même coût, en payant le vendeur et en finançant les mesures qu’il prendra ?

Exposée en ces termes, la question laisse pantois et rendrait vaine toute tentative d’évaluation. Or, dans la pratique, les évaluations ne manquent pas et les transactions de cession d’entreprise ne cessent pas.

Examinons donc la question de l’avenir ou du passé de manière moins dichotomique.

Le passé et l’avenir sont comme les deux faces d’une même pièce de monnaie.

L’avenir ne peut être examiné sans référence au passé, du moins au passé récent, et au présent. Il convient d’apprécier la pertinence des prévisions de l’entreprise en fonction de ses forces et faiblesses actuelles ainsi que des contraintes et opportunités de son secteur d’activité et de son marché, en vue de dégager son véritable potentiel de développement. L’appréhension du futur de l’entreprise dépend donc fondamentalement de son diagnostic. La cohérence des données prévisionnelles, qualitatives ou chiffrées, est appréciée à partir de la situation présente de l’entreprise et de son proche passé en vue de déceler des hausses futures d’activité ou de rentabilité anormales, surévaluées ou sous-évaluées.

Bref, l’évaluation d’une entreprise ne repose pas sur une approche standard. L’évaluateur doit, de manière cruciale, bien connaître le secteur d’activité de l’entreprise et procéder à un diagnostic stratégique de celle-ci.

Ceci dit, les données chiffrées prévisionnelles resteront toujours entachées d’un certain aléa ou risque, ce qui est encore plus vrai dans un environnement politique, économique, commercial et technique très changeant, tel que le nôtre aujourd’hui.

Cette appréhension du risque se traduira par la construction de plusieurs scénarios prévisionnels visant à cerner davantage le caractère probable des données ou à cerner, de manière plus fine, le risque à-travers l’élaboration du taux d’actualisation.

Nous rentrons, alors, dans une seconde étape du processus d’évaluation, qui suit l’élaboration du diagnostic stratégique, à savoir l’analyse des données chiffrées prévisionnelles proprement dites.

A suivre.